Une année de recherches. Bilan de 2013-2014

L’été arrivant, le moment est bien choisi pour un petit bilan de l’année passée. Ca me permettra de faire le point et ça pourra être utile pour les quelques personnes intéressées par mon actualité scientifique, genre ma mère.

Projets collectifs :     

Comme l’année dernière, l’essentiel de mes activités collectives a été mobilisé par le groupe de projet de l’AFSP « La représentation politique : histoire, théories, mutations contemporaines » (GRePo), dont je m’occupe avec Virginie Dutoya, Emilie Frenkiel, Yves Sintomer et Stéphanie Tawa-Lama Rewal. Cette année, nous avons reçu en séminaire Claire Bénit-Gbaffou, André Rubiao, Yves Déloye, Alfredo Ramos, Pierre Rosanvallon, Michael Saward, Sandra Kröger, Marieke Louis et Sophie Béroud (et comme discutant-e-s Julien Talpin, Federico Tarragoni, Christophe Voillot, Marie-Hélène Sa Vilas Boas, Charles Girard, Alexandre Escudier, Sabine Saurugger et Karel Yon). Nous avons aussi organisé des séances pour la présentation d’un numéro d’Actuel Marx sur le populisme, de Trivium sur la représentation politique et de Politix sur la représentation des agriculteurs. Enfin, une journée d’étude sur la représentation politique en Inde a eu lieu en juin 2014. Dans l’ensemble, c’est très chouette et j’apprends beaucoup de choses, donc Kudos à l’AFSP d’avoir mis en place ce système.

Plus ou moins dans le cadre du GRePo, Charles Girard et moi avons lancé l’été dernier une série d’événements sur la représentation politique au-delà de l’élection. Cela a pris la forme d’une section thématique de deux sessions au Congrès 2013 de l’AFSP, d’une journée d’étude sur les expériences de porte-parole et d’un panel au Congrès de l’ECPR. En tout ça a bien fait 25-30 interventions, certaines collectives, sur le sujet, avec une grosse moitié plutôt théorique (surtout à l’AFSP et à l’ECPR) et le reste empirique (journée d’études). J’ai trouvé la partie théorique moins convaincante dans l’ensemble (indépendamment de la qualité des papiers individuels), mais bon, c’était intéressant.

Enfin, Marion Carrel, Paula Cossart, Julien Talpin et moi-même avons organisé à l’automne 2014 un cycle de journées d’études à la MESH de Lille sur la participation et la délibération au prisme de l’histoire, avec comme intervenant-e-s et discutant-e-s Sandra Gustafson, Karim Fertikh, Gary Remer, Philippe Urfalino, Cédric Passard, David Hamelin, Paula Cossart, Julien Talpin, Jean-Michel Fourniau, Carole Christen, Frédéric Chateigner, Denis Bourque et Marion Carrel. Quelques belles découvertes, qui rappellent, s’il était nécessaire, la fécondité de ces trop rares rencontres entre science politique, sociologie et histoire.

Interventions

Les douze derniers mois ont été plutôt productifs en matière de communications scientifiques. J’ai fait quelques interventions issues de ma thèse, donc sur 1848 et la question républicaine, au colloque « Cultures des républicanismes » à Rouen en novembre 2013, au colloque « Getting organized » à Leiden et dans des séminaires, notamment celui monté par Alexandre Escudier et Chloé Gaboriaux sur l’histoire des langages politiques. J’ai aussi présenté un papier sur la représentation inclusive, à Mariehamn, avec les gens du réseau hispano-scandinave d’histoire conceptuelle et de théorie politique autour du Civic Constellation Project. Mais l’essentiel était quand même sur mes nouvelles recherches sur le mouvement ouvrier : une intervention à Cambridge, sous l’égide de Gareth Stedman Jones (mon supervisor à Queen Mary), sur les organisations de métier en 1848, reprise plus tard pour le colloque « Penser l’émancipation » ;  une autre à l’Historical Materialism Conference de Londres sur le rôle du gouvernement représentatif dans la construction du mouvement ouvrier français (adaptée d’une intervention déjà faite à Lausanne, visible ici) ; et une intervention sur le proudhonisme dans l’Association internationale des travailleurs, au colloque du cent-cinquantenaire de la Première Internationale.

Publications

Sur la représentation politique, Yves Sintomer et moi avons dirigé deux numéros de revue, avec un dossier de Raisons politiques et un numéro de la revue franco-allemande Trivium, avec Paula Diehl. Hormis nos propres articles (et un article de Brice Laurent dans Raisons politiques), ça nous a surtout permis de traduire ou de faire traduire huit textes inédits en français (deux de l’anglais et six de l’allemand). Ca serait bien qu’ils aient un peu de diffusion, car il y a de quoi renouveler nos manières d’étudier la représentation politique en France. A part ça, j’ai dirigé avec Camille Paloque-Berges un numéro de Tracés sur les pirates, qu’on va essayer de publiciser un peu à la rentrée. En dehors des introductions et articles dans ces numéros, j’ai publié une grosse recension de la Société des Egaux de Rosanvallon dans Critique, un petit texte sur le proudhonisme et un chapitre de livre en anglais défendant une conception pluraliste radicale de la représentation – bon, le livre est à 50 £, donc peu accessible, mais mon texte est disponible ici. Au final, une année féconde en publications collectives, moins en articles personnels, mais ça correspond à une inflexion post-thèse qui me convient bien. Sinon, mon livre sur 1848 sort en octobre, ça a pris un peu de temps (manuscrit envoyé en septembre dernier), mais c’est très excitant !

Divers

A part ça, durant l’année, en vrac, j’ai enseigné un semestre à l’American University of Paris (expérience intéressante, la première fois que je faisais un enseignement en anglais), j’ai rejoint Paula Cossart et Emmanuel Taïeb pour gérer la chronique bibliographique « Approches historiques du politique » de la Revue française de science politique (présente dans le numéro 64/3), je continue le travail à Tracés et Participations, mais j’ai quitté mes responsabilités éditoriales (respectivement de secrétaire de rédaction et de responsable de la rubrique varia), ça faisait trop. D’autant que j’ai commencé un nouveau post-doc, au laboratoire « Histoire des technosciences en société » (HT2S) au Conservatoire national des arts et métiers. Le cœur de la recherche est de réaliser une histoire des pratiques pédagogiques au Conservatoire – ce qui m’intéresse par le lien avec la question ouvrière, me permettant d’inclure à mes travaux la question des modes de transmission des savoirs techniques. Le cadre général (un programme de recherche Idefi sur éducation et innovation) n’est pas le plus évident pour moi, mais ça se passe plutôt bien. Bon, et sinon l’année a été une fois de plus marquée par masse de candidatures : des postes en Angleterre, 16 dossiers MCF, des candidatures CNRS en sections 33, 36 et 40, une candidature MCF à l’EHESS. Rien n’a marché, mais ça m’a permis de rédiger des programmes de recherche que j’espère mener à bien d’une façon ou d’une autre : un projet CNRS intitulé « Représenter la classe ouvrière. Une sociologie politique de la parole des ouvriers organisés en France (1791-1905) » et un projet EHESS un peu plus large, « Histoire des pratiques intellectuelles ouvrières au XIXe siècle ».

 

L’année qui vient s’annonce chargée, avec le post-doc qui continue, des enseignements à Sciences po et à l’American University of Paris, les campagnes MCF, CNRS, EHESS, l’agrégation de science politique… Mais bon, j’espère qu’entre deux dossiers, je pourrai faire un peu de recherche…

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